7ème campagne dans la nécropole de Hili Garden

Une équipe de la Mission Archéologique Française aux EAU (FAMU) achèvera le 8 Mars prochain sa 7ème campagne dans la nécropole de Hili Garden (Région Est de l’Emirat d’Abou Dhabi). Les recherches sont financées conjointement par le Département des Antiquités d’Al Ain et le Ministère des Affaires étrangères et l’équipe compte des spécialistes du CNRS et de l’Université d’Edinburgh ainsi que des étudiants en 3e cycle de Paris-1 (Sorbonne) et de Paris 10 (Nanterre).

La poursuite de la fouille d’une fosse funéraire datée de la fin du 3e millénaire, combinée à un ré-examen des 12 grandes tombes circulaires de Hili Garden a apporté des informations nouvelles sur la chronologie de l’âge du Bronze et l’évolution des techniques artisanales et des échanges à la période Umm an-Nar (Âge du Bronze).

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L’équipe française près de la tombe de l’Âge du Bronze en cours de fouille à Hili Garden. Julio Bendezu-Sarmiento (UMR7041-CNRS Nanterre) assistait Sophie Méry sur la fouille cette année. Avec l’aide d’étudiants archéologues de la Sorbonne, il a mis en évidence de nouvelles couches de dépôts de corps dans la fosse, montrant que ces derniers étaient alignés tête bêche, la tête contre les parois, un bras replié devant le visage.

Les monuments les plus élaborés sur le plan des techniques de construction (comme la fameuse Grande Tombe qui se trouve au centre de Hili Garden) datent d’une phase récente de la période Umm an-Nar (vers 2300-2200 av. J.-C.), mais pas de sa phase finale (vers 2100-2000 av. J.-C.). Hili N est aujourd’hui le seul site des EAU où les phases récentes et finales sont représentées :

- Les plus anciens dépôts funéraires trouvés dans la fosse de Hili N datent de la phase récente. Des céramiques importées de la Vallée de l’Indus au Pakistan, du Makran et d’Afghanistan ont été trouvées dans ce niveau, en association avec des poteries locales façonnées au tour de potier.

- Dans les couches situées au-dessus, qui sont donc plus récentes, les poteries importées se raréfient et les techniques potières se modifient. La plupart ne sont en effet plus fabriquées sur le tour de potier.

L’équipe a pu déterminer que 3 autres tombes Umm an-Nar n’avaient pas encore été localisées dans la nécropole de Hili (à moins qu’elles n’aient été entièrement démantelées pour la récupération dès l’âge du Bronze, des pierres de construction). Ceci a pu être mis en évidence grâce à l’étude des pierres de parement des tombes qui ont été réemployées dans les structures d’habitat datées de l’âge du Bronze du site de Hili 8.

Enfin, des expérimentations de taille de la pierre et de fabrication de poterie ont mis en évidence la diversité des techniques locales et l’existence à Hili, pendant la période Umm an-Nar d’artisans locaux, pour certains hautement spécialisés.

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Jean-Claude Bessac, spécialiste de la construction ancienne au CNRS, et Walid Yasin, Responsable de l’archéologie au Département des Antiquités et du Tourisme à Al Ain, en train d’étudier les techniques de taille des tombes Umm an-Nar dans la nécropole de Hili Garden

publié le 06/10/2009

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